PAROISSE
NOTRE DAME DE LOURDES DE KAFFRINE
Le premier
Père des Missionnaires du Sacré-Cœur (MSC) à venir s'installer à Kaffrine était
le P. François Lebègue, d'origine française, arrivé au Sénégal en bateau le 7
octobre 1954, en compagne de trois autres missionnaires, les Pères René
Thalmann, André Mayor, et Ur- bain Vuille. A leur arrivée à Kaolack, le P.
Cadoux, Supérieur des MSC au Sénégal, procéda à des 'nominations... pour
affecter les missionnaires dans les différents postes de mission... à fonder,
parce que, à ce temps-là , il n'y avait que la Mission de Kaolack, dont le
territoire couvrait un tiers du Sénégal, jusqu'à Kedougou !...
Le P. Lebègue
fut affecté sur la ligne Dakar-Niger, pour s'occuper des importantes escales de
Birkelane, Kaffrine, Malem-Hodar, et Koungheul, comme lui-même écrit dans une
lettre envoyée à Issoudun, la maison-mère des MSC, en décembre 1956, pour les
bienfaiteurs et lecteurs des « Annales », selon le style de l'époque :
« …Le Sénégal
nourrit pourtant de grands troupeaux de bœufs, de vaches et de moutons. Mais
ces troupeaux, que vous rencontrez souvent sur la route, sont continuellement
en marche à la recherche de maigres pâturages. Mais le temps a passé en
devisant de la sorte et nous voici en vue de Kaffrine, grosse escale à 65 km de
Kaolack. On la nomme « Kaffrine la rouge à cause des flamboyants qui l'ornent
d'immenses bouquets rouges à la saison des fleurs. A l'entrée de l'escale, sur
la gauche, se dresse la chapelle de la Mission. C'est une construction, élancée
et harmonieuse de 22 mètres de long sur 6 m. de large et 7 m. de haut. Elle a
été bâtie en 1953 par le R. P. Mechler, Spiritain, et consacrée la même année
par Mgr Guibert, auxiliaire de Dakar. A côté de l'église, un peu trop près sans
doute, mais on ne pouvait faire autrement le presbytère qui vient tout juste
d'être construit et qui est une grande bâtisse de 17 m. de long sur 9 m. de
large contenant sept pièces, de quoi loger facilement trois Pères, ou deux
Pères et un Frère. C'est qu'il a été voulu à la mesure du district, et ce
district est très vaste. La Mission de Kaffrine comprend les importantes
escales de Birkelane, Kaffrine, Malem-Hodar et Koungheul sur la route de
Tambacounda, avec au sud de Kaffrine l'escale de Mabo et au nord le bloc
expérimental de l'arachide : Boulèle et ses villages. D'Ouest en Est, le
district s'étend sur 140 km et du Sud au Nord sur une distance qui ne m'est pas
encore connue, car si la limite sud s'arrête à Mabo, à 30 km de Kaffrine, la
limite nord se perd dans le désert du Ferlo… ».
L'histoire de la
Province de France des Filles de Notre-Dame du sacré-Cœur d'Issoudun (imprimée
le 8 décembre 1980), nous fait le récit des premiers temps des premières sœurs
qui sont venues s'ins- taller à Kaffrine en l'année 1964. Le 21 septembre 1964,
Sr St-Roch Jaunet, Sr M.-Nicole Kuhn et Sr M.-Gisèle Farou vinrent former la
première communauté des Filles de Notre-Dame du Sacré-Cœur à Kaffrine. En
arrivant, leur premier acte fut d'aller à l'église, chanter le « Magnificat, et
de confier leur apostolat à Notre-Dame du Sacré-Cœur. Le dimanche suivant, le
Père Lebègue, Missionnaire du Sacré-Cœur, curé de la paroisse, souhaita la
bienvenue au nom des paroissiens. Les jours suivants nos missionnaires
visitèrent le Maire et prirent contact avec quelques personnes. Les religieuses
étaient inconnues dans ce milieu, et l'accueil, à l'opposé du climat, fut
plutôt glacial. La bénédiction de la maison et de l'école eut lieu le 11
octobre, au cours d'une cérémonie bien simple : les autorités et amis de la
mission étaient invités, mais peu furent présents.
Le 19
octobre 1964 on ouvrit l'école avec deux classes. C'était un début encourageant
dans ce pays où existait déjà une École Officielle du Gouvernement et des
Écoles Coraniques. Les élèves étant de quatre races différentes, chaque
explication devait être traduite dans les quatre langues. Un maître sénégalais
donnait le cours d'initiation aux nouveaux inscrits qui apprenaient joyeusement
à parler français, à lire, à compter et à écrire. Sr M.-Gisèle, dans la
deuxième salle de classe, s'occupait des autres élèves. Une troisième classe
débuta en octobre 1965, puis une quatrième en 1967 : le cycle était alors complet.
L'année suivante l'effectif augmenta et il fallut dédoubler une classe. On
ouvrit un Internat d'une soixantaine de garçons et d'une quinzaine de filles en
octobre 1970. L'École connaissait alors la plus grande prospérité : Bondié,
N'Dimbo, Boulet, Louanga, etc., villages de brousse donnaient un bon
recrutement. Mais bientôt le Gouvernement ouvrit des écoles dans ces brousses,
ce qui diminua l'effectif de l'école de la mission. Il fallut réduire le nombre
des laïcs enseignants. Par ailleurs, les familles trop pauvres pouvaient
difficilement payer les cotisations et les frais de voyage, ce qui alourdissait
les charges de la mission. A la fermeture de l'École Primaire, en 1974, les
autorités de la ville demandèrent aux missionnaires d'ouvrir un Jardin d'Enfants.
Mgr Sarr se montrait favorable à ce projet qui permettrait d'entrer en contact
avec les parents de classes sociales très peu touchées par la mission. Une
classe commença en octobre 1975 avec un effectif de 45 enfants.
P. Lebègue est resté Ã
Kaffrine jusqu'à 1974 ; il a été remplacé par le P. Paravy jus- qu'à la date de
l’arrivée des Oblats. Les Missionnaires du Sacré-CÅ“ur se retiront de Kaffrine
en 1977 parce que trop peu nombreux pour desservir cette station. Ils ont été
rem- placés par des prêtres italiens.
Pour mieux travailler
dans un territoire si vaste, les oblats se répartirent en deux groupes : le P.
Danilo Ceccato, Fr. Antonio D'Amico se sont arrêtés dans la mission de Kaffrine
et les pères. Vitali Amadio et Giuseppe Co' dans celle de Koungheul, à 85
kilomètres.
Les oblats avaient
surtout deux engagements : renforcer la communauté chrétienne dars ses diverses
composantes et tisser des nouvelles relations avec les musulmans. Je ne
m'arrête pas sur le premier : il suffit de dire que notre "petit
troupeau" était ciblé par des attaques, des dérisions et critiques venants
de l'islam. Mais il a continué son chemin. Il a renforcé les liens de la foi et
de la charité, et il augmentait en nombre, même si lentement. Et les musulmans
?
Dès leur
arrivée ici, en voyant comme le P. Paravy s'était acquis tant de sympathie de
la part des musulmans, les oblats se sont demandés est-ce que nous réussirons Ã
faire de même ? Et, surtout, sera-t-il possible de la transformer en dialogue
constructif et en collaboration, au moins dans quelque secteur pratique, ainsi
que nous le demande le Concile ?
En 1979 Les Filles de
Christ Roi sont sollicitées par Mgr. Sarr pour la Mission de Kaffrine et
Kaolack. A Kaffrine il y avait les Filles de Notre Dame de Sacré-Coeur que par
manque de personnel se voient obligées de quitter la Mission. Pendant le mois
de septembre de 1979 Sr. Béatrice Fasano, commence à prendre les premiers
contacts avec la mission de Kaffrine, les soeurs de NDSC, plus précisément Sr.
Andrée et Sr. Benoit l'ac- cueillent magnifiquement. Le 2 octobre arrivent Sr.
Luna Buenestado et Sr. Lorenza qui, avec Sr. Beatrice formeront une communauté.
SR. Béatrice prendra la suite du jardin d'enfants aidée par.... Et la P.M.I.
Sr. Luna ira au dispensaire avec les sœurs et Sr. Esperanza, se dédie- ra a la
pastorale et à l'étude du Wolof. Durant trois ans, les deux communautés de
religieuses vivrons à Kaffrine. Les Filles de Christ Roi logeront dans la
petite maison qui servait antérieurement et maintenant pour accueillir les
parents et amis qui approchent la mission. Dû à la difficulté de la langue
l'été de 1980 Sr. Luna prolongea le temps de vacances et parti à la fin de
l'hivernage en France, pour revenir le mois d'avril, un peu avant que pré- vu,
puisque Sr. Esperanza le 4 avril eut son accident et fut obligée de partir en
Espagne. En Octobre 1982 les Filles de NDSC quittent Kaffrine, Sr. Maria
Lorenza Lopez aidée de Sr. Louna prend la relève du dispensaire. Sr.
Beatrice: Sr.Luna: Sr, Maria Lorenza et Dr.Benedetta forment la co- munidad. Quelques années après
arriva, Sr. Ana Balinas.
L'école qui
était fermée depuis 11 ans, vit ses portes s'ouvrir à nouveau dans l'année
1983, le mois d'octobre. Sr. Angela Maria Marzocchi, au Sénégal depuis le 6
janvier de la même année, après une année d'information et préparation, prit en
main l'éducation de l'enfance de Kaffrine... L'école commença par une classe :
le CI. Le maître, M. Felix Nguède, l'année suivante ouvrit le C.P. et ainsi
successivement... jusqu'Ã avoir les 6 classes en 1988.
Très vite
les Oblats s'orientent vers les jeunes agriculteurs en leur proposant des
pistes de réflexion qui devraient les amener à donner un sens à leur activité
et les aider à se prendre en mains. Les groupes de la J.A.C. connurent une
forte évolution grâce à l'impulsion donnée systématiquement par les PP.
Guglielmo et Danilo.
Dans un
premier temps la communauté oblate partageait les repas avec les Filles de
Notre-Dame du Sacré-Cœur d'Issoudun (...) Les pauvres et les handicapés
connaissaient depuis longtemps le chemin de la mission : si bien que nos
confrères se sont vus presque obligés de continuer à accueillir les démunis et
à chercher, eux aussi, les moyens pour les aider.
C’est Ã
Kaffrine que nous avons été sollicités pour créer quelque chose de stable pour
les pauvres (...) N'ayant à s'occuper que de peu de chrétiens, les Oblats se
sont davantage ouverts aux réalités humaines et sociales des gens, ainsi qu'aux
coutumes tellement marqués par l'I- slam, en mettant les bases pour de bonnes
relations entre Chrétiens et Musulmans.
L'œuvre
missionnaire menée par les Oblats à Kaffrine, par rapport à celle menée en
milieu Sérère par les autres, a toujours suscité un très grand intérêt, du fait
même qu'elle n'était pas une œuvre pastorale ordinaire.
Les oblats
quitteront la mission de Kaffrine en 2005.

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