Sainte Bernadette/ Nguéniène

 

 PAROISSE SAINTE BERNADETTE DE NGUÉNIÈNE

Le village de Nguéniène serait fondé entre 1896 et 1897. D'après la légende sérère, le fondateur fut un grand chasseur du nom de Diokel Waly, mais quant à eux, les wolofs retiendront Malaw Ndaw, originaire du Saloum. Aujourd'hui Nguéniène est une commune, dans le département de Mbour, région de Thiès. Elle s'étend sur 226 000km2 pour une population de plus 41689 habitants. Nguéniène peu à peu a été considéré comme carrefour à cause de la traite des arachides et aussi affluence de tous les villages autour.

L'importance de ce centre géographique de tout un secteur sérère ne pouvait échapper aux missionnaires. Toutefois les débuts de l'évangélisation furent lents et difficiles. Mais dès les années 1920, le Père Pérez de Ngazobil avait visité Nguéniène et fait quelques catéchumènes, mais il n'a pas pu avoir de baptêmes. En 1924, le Père Lucas fit un effort : il vient à Nguéniène deux fois, y construisit une chapelle et y installa un catéchiste. Mais étant parti à Palmarin l'année suivante, le catéchiste lui aussi s'en alla.

Vers 1935, le Père Baumann passa plusieurs fois par Nguéniène pour aller en tournée dans les villages de Boyard, Foua et Loul Sessène, plus disposés à l'accueillir. Son secteur qui comprenait les missions actuelles de Thiadiaye, Nguéniène, Mbodiène, Ndiaganiao et même de Diohine était trop vaste. Il lui était donc impossible de rester longtemps dans chaque village.

Le 11 février 1936, les Pères Baumann et Zola, en compagnie de la Révérende sœur, Mère Anne, Visiteuse des sœurs de Cluny, et de la soeur Mère Gertrude (une parente du Père Baumann) et de deux sœurs de Ngazobil arrivent au village de Foua près de Nguéniène, une agglomération importante qui commence à vouloir embrasser la sainte religion. Après Foua, le vaillant Père visite Nguéniène le 13 mars de la même année. En novembre 1954, arrivait comme Vicaire à Joal le jeune Père Michel Simonnet, venant de Palmarin. Spécialement chargé de la brousse, le jeune Père vit tout de suite l'importance de Nguéniène, point central de ce secteur qui lui était confié, avec à l'époque ses quelques 25 000 habitants répartis sur une multitude de villages sur un rayon de 25 km. Dès la fin de l'année 1954, une case chapelle est installée à Tokokhouloub où va fonctionner la première école de ce secteur, dans un abri en tige de mil. En 1958, la famille Senghor de Joal met gracieusement à la disposition du Père un terrain avec une boutique tout en tôles. La boutique qui va recevoir les classes de CI et de CP, va se transformer en chapelle pour les offices religieux, et le père va pouvoir dès lors envisager la construction d'une église en dure. Les travaux ont commencé en 1958/1959 et ont pris fin en 1960. En 1961, Monseigneur Lefèvre décida de construire l'actuel presbytère où il y avait au début le rez-de-chaussée où Simonnet s'est installé le 10 octobre 1962. Le 8 mai 1960, c'est la grande liesse au pays de Nguéniène. Monseigneur Lefèvre qui est venu bénir l'Eglise, est accueilli en grande pompe. Dès lors, l'infatigable et vaillant missionnaire père Simonnet va sillonner tout le secteur d'un bout à l'autre par des tournées, des visites jusqu'en 1976, année à laquelle il passera le témoin aux Missionnaires Oblats de Marie Immaculée que nous sommes.

Nous n'oublions pas aussi l'arrivée des Sœurs Missionnaires du Saint-Esprit au début de l'année 1962, installées à Ouakam. Elles avaient exprimé à Monseigneur Lefèvre le désir de se vouer dans une jeune Mission de brousse. Monseigneur très heureux de la demande les dirige sur Nguéniène qu'elles visitent en compagnie du Père Simonnet. Tout serait parfait s'il y avait une maison. Qu'à cela ne tienne ! Le Père leur offre son presbytère sur lequel il propose de construire un étage. Aussitôt la décision prise, on se met au travail. Pendant tout l'hivernage, le frère Paulin et son équipe rénove le rez-de-chaussée et construise l'étage prévu. Et le 11 novembre 1962, un an après l'arrivée du père, les trois premières sœurs débarquent à Nguéniène. Deux ans après, un confrère a été adjoint au Père Simonnet en la personne du Père Victor Bouteiller.

Le jour de Pâques de 1977, les oblats fêtèrent et rendirent grâce à Dieu avec le Père Simonnet son 25e anniversaire d’ordination sacerdotale avant son départ définitif de Nguéniène.

À partir de cette date, le groupe des oblats de Nguéniène – Djilas s’est pleinement investi dans la Mission, auprès de : environ 7 400 baptisés, 300 catéchumènes, 7 600 animistes, 14 700 musulmans.

Afin de respecter la sensibilité des habitants, profondément attachés au Père Simonnet et à leur passé, ils firent en sorte de maintenir l'année pastorale telle qu'elle avait été conçue par leur prédécesseur : nombreuses célébrations eucharistiques en semaine dans les villages ; tentatives discrètes d’organiser une messe dominicale en dehors du centre paroissial ; permanences au bureau de la Mission du mardi au samedi ; réserver le lundi pour les rencontres communautaires.

À la rentrée 1977-78, après avoir étudié la situation générale et envisagé une meilleure organisation de la mission et en tenant compte des besoins croissants de Djilas et des villages alentours déjà suivis par les Sœurs de Saint Thomas de Villeneuve, le territoire pastoral fut divisé en neuf secteurs : Ndiemane-Guedj, Aga, Foua, Ndiol, Boyar, Djilas, Fadial-Mbissel, Yayem-Djilor, et le centre de Nguéniène.

Une célébration eucharistique une fois par mois est observée dans chaque secteur, le dimanche matin ou soir, pour permettre aux fidèles de mieux célébrer le jour du Seigneur. De plus, ils formèrent les catéchistes pour animer les célébrations de la Parole lors de leurs possibles.

Le Père Simonnet leur disait : « J’ai ramassé 7 300 briques, à vous de bâtir une Église-communauté unie et solide ! »

C’est pourquoi ils essayèrent à réorganiser la pratique de la foi. Le marché hebdomadaire volait la vedette aux activités paroissiales. Plus de la moitié des fidèles étaient à la messe que lors des grandes fêtes. Le baptême des enfants était souvent sollicité de manière précipitée et il a fallu de la patience pour instaurer une véritable préparation des parents et de la famille avant de recevoir le sacrement. Le catéchuménat, pour sa part, était particulièrement difficile, car les travaux agricoles retardaient la formation et l’éventuelle réception des sacrements, souvent après un an, parfois seulement à Pâques. Ce qui poussera le Père Mimmo Arena, arrivé en 1983, à installer une préparation plus longue pour les catéchumènes. Les catéchistes avaient des rencontres régulières mais parfois leurs préoccupations personnelles, souvent liées à leur famille, rendaient plus difficile leur tâche pastorale.

Les religieuses étaient déjà présentes à Nguéniène et Djilas, avec deux communautés : les Sœurs du Saint-Esprit à Nguéniène et les Sœurs de Saint Thomas de Villeneuve à Djilas, responsables des dispensaires et de l’éducation des femmes. Leur dévouement, marqué par une foi profonde, a été essentiel dans le cadre de la mission. Et très rapidement, elles ont partagé des rencontres mensuelles d’échanges spirituels et pastoraux avec les oblats.

À Nguéniène, Le frère Donato, arrivé en 1979, s’est chargé de mieux organiser la maison, les magasins et ateliers, avant de s’attaquer à la rénovation de l’église, avec l'aide du Père Carlo Andolfi à l’époque scolastique. Ils ont aussi construit un oratoire pour permettre à la communauté de prier dans une plus grande intimité. La Procure des Missions de la Province a soutenu la réfection de l’internat des enfants, la rénovation de l’église et l’amélioration des logements. Aussi certaines doléances présentées à l’Archevêque ont permis la visite du Père Procureur, qui a lancé des actions concrètes pour améliorer la situation, comme le creusage du puits et le forage par Caritas.

L’hivernage fut un moment de communion. Partager la joie des habitants lors des abondantes pluies, mais aussi l’angoisse lorsque la pluie se faisait attendre. Cela leur a permis découvrir la prière traditionnelle des Rogations, adaptée aux réalités locales.

Il est aussi nécessaire de souligner le Calvaire de Saint Eugène de Mazenod dans le Village de Soudiane Thiélème. Tout commença en mai-juin 1977. Un certain Benoit Sagne entre dans le bureau de la paroisse de Nguéniène et confie au père Enzo un rêve qu’il avait fait quelques nuits auparavant. Dans son rêve, un prêtre vêtu d’une soutane noire, une ceinture à la taille portant une croix, lui avait demandé de prendre un peu de terre du sanctuaire de Poponguine et de la déposer à un endroit précis de son village, qu’il lui indiquerait plus tard. C’est là qu’il projette d’ériger un Calvaire. Et pendant qu’il parlait, il remarque un tableau accroché sur le mur du bureau et, tout joyeux, il s’exclame : « Voilà le prêtre que j’ai vu dans mon rêve ! ». Le Père Enzo lui révèle alors son identité : « C’est Eugène de Mazenod, notre fondateur. »

Après la destruction partielle de l'église de Boyar Diodiome par une tornade en 1978, cette situation fit envisager la restauration du bâtiment et en faire un sanctuaire marial, dédié à Notre-Dame de Lourdes. Ce projet, supervisé par le frère Donato et financé par les Oblats et les laïcs de Messine, donne naissance à un lieu sacré, consacré en 1982. Cependant, le projet de faire de ce lieu un sanctuaire de pèlerinage échoue en raison de la politique diocésaine qui limite le nombre de sanctuaires mariaux au Sénégal à celui de Poponguine.

Durant l’hivernage de 1979, le frère Donato restaure l’église de Nguéniène grâce à un financement en Italie. Les travaux sont urgents et conséquents, et l’église est redécorée et remise en état, et un bon accueil lors de la visite pastorale de l’Archevêque.

Après quatre ans de mission au pays sérère, le Père Massimo partit en congé durant l’été 1980, sans savoir ce que l’avenir lui réservait. Passionné par ses montagnes qu’il n’avait pas fréquentées depuis quatre ans, il s’y aventura doucement, avant de tragiquement périr le 26 juillet, après avoir escaladé la Torre del Peralba. Il était attendu pour célébrer l’Eucharistie de 19 heures au sanctuaire de Notre-Dame de la Paix. Sa mère, Maria, se dirigeait justement vers l’église lorsque, sans la reconnaître, un adolescent lui annonça cette triste nouvelle : « Le prêtre qui doit célébrer est tombé de la montagne ! » Et ce prêtre était son fils Massimo.

Durant l’année pastorale 1980-1981, le Conseil demande au Père Mimmo de rejoindre Nguéniène, d’autant plus que le Père Giancarlo doit se concentrer sur Djilas et les villages environnants. Une salle construite entre la cour du dispensaire et celle de la maison des Soeurs devient l’habitation provisoire du Père Mimmo, appelé à travailler à la fondation de la future paroisse.

Les travaux de construction du presbytère à Djilas commenceront bientôt grâce à l’E.G.C.A.P., après ceux réalisés par le frère Donato pour la construction d’une série de salles de classe au nord du village.

La création d’un centre à Djilas était un projet du Père Simonnet, qui avait accueilli en 1974 les Sœurs de Saint Thomas de Villeneuve à Djilas. Bien avant lui, cette idée avait déjà été envisagée. À l’arrivée des Oblats en 1976, les supérieures des religieuses avaient exprimé leur souhait qu’un prêtre réside à Djilas. Cependant, il fallut que l’Archevêque lui-même demande de faire les premiers pas pour ouvrir la mission à Djilas.

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